Simulation de tribunal / RPG dans l'univers Ace Attorney - Phoenix Wright !
 

Au rythme de ton sourire [PV Vérité]

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Phoenix Wright
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Ven 18 Nov - 1:22
Je refermais le dossier que j'avais lu pendant deux bonnes heures avant de lâcher un long soupir de soulagement. Je portais mes mains à mon visage et les fit glisser tout du long, les yeux fermés. Il n'y avait pas un son. L'Agence à tout faire Wright était vide et il fallait le dire. C'était la fin d'après-midi et tous mes employés avaient quelque chose à faire, que ce soit dans le cadre du travail, ou autre. Cela faisait un moment que je ne m'étais pas retrouvé seul ici, surtout depuis que j'avais récupéré mon badge d'avocat. Mes journées n'étaient qu'une succession de choses à faire, surtout avec l'affaire de Gant qui traînait dans les pattes du monde de la justice, un monde que je ne pouvais m'empêcher de voir au bord du chaos. Il y avait Apollo et Athena aussi, qui ne manquaient pas de mettre de l'animation dans ce petit espace de travail bien désordonné. Mais il y avait aussi Vérité.

    En prenant un peu de recul, je me rendis compte que depuis que je l'avais adoptée, je n'avais pas vraiment connu le calme. Pas dans le sens négatif du terme bien sûr. Cependant, j'avais pris il y a 8 ans de cela, le rôle de père sur mes épaules. C'était un rôle que je n'avais jamais vraiment eut à remplir. J'avais déjà eu un peu d'expérience en m'occupant de Pearls et en veillant sur Maya, mais là, c'était complètement différent. Il y avait tellement de choses à penser, de choses à prévoir, des angoisses à gérer. Et pourtant il ne s'agissait pas de la plus ingérable des enfants. Certes, elle pouvait me réserver quelques surprises avec les nombreux tours de magie qu'elle préparait, mais rien n'était plus angoissant que le futur de son enfant, et que ses sentiments soient piétinés pas la vie, qui ne manquait pas d'être sans pitié. J'en avais fais les frais. Elle aussi. Être papa, c'est une épreuve à plein temps, et on ne s'en rend compte qu'une fois qu'on a les pieds dedans. Pas le temps de s'ennuyer, il y a toujours quelque chose à faire, quelque chose à penser. On sert parfois de cobayes aux premières expériences de l'enfant, mais rien ne vaut le sourire enchanté de ce dernier lorsque l'on le félicite. On pense toujours à son bien en s'inquiétant de son futur, mais on se dit que chacun petit pas qu'il fait l'y emmène doucement. On ne le comprend pas toujours, mais on apprend doucement à parler son langage, que ce soit le vocal ou le spirituel. On lui tient la main, puis on la lâche progressivement, en restant toujours non loin, à veiller sur lui sans être trop oppressant. Vérité avait pris une place irremplaçable dans ma vie. Depuis qu'elle m'avait suivie à l'agence, après que son père biologique ait disparu, elle avait su égayer mes journées sans faillir, en me donnant ce sourire dont seule elle avait le secret. Que je sois au travail ou à la maison, elle était toujours à mes côtés, et pansait la plaie que cette affaire qui nous avait affecté tous les deux m'avait laissé. Je n'ai jamais sombré dans la solitude une seule fois depuis qu'elle était là, depuis qu'elle rayonnait dans ma vie.

    Et pourtant, aujourd'hui, mon agence était calme. Presque vide, malgré qu'elle soit tout aussi en bazar que d'habitude. Ma solitude était bien réelle, et c'était la première fois depuis une éternité que je le ressentais. Était-ce parce que tout ce qu'il se passe en ce moment a le don de me fatiguer très vite ? Ou est-ce que je sentais comme le passage du temps me caresser le visage, tout comme le vent le ferait ? Peut-être un peu des deux. Mais surtout la dernière. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser que ce petit bout de chou que j'avais recueilli il y a 8 ans était déjà si grand, et s'approchait petit à petit de sa vie en tant qu'adulte. Vérité avait toujours été une enfant plus mature que les autres sous certains aspects, mais elle avait quand même gardé ce brin d'innocence qui me poussait à rester à ses côtés, prêt à la rattraper si elle tombait. Et je dois avouer que même si mon désir le plus fort est qu'elle s'épanouisse et devienne une jeune femme fière d'elle-même, j'aimais me sentir indispensable à sa vie, ne serais-ce que sur quelques petit détails. Est-ce que j'avais peur d'être oublié avec le temps ? Bien sûr, il s'agit là d'une pensée ridicule. Et pourtant, elle faisait bien partie de mes angoisses. Des angoisses stupides, irrationnelles, et qui pourtant me prenaient aux tripes. Je redoutais le jour où je devrais renoncer à sa présence perpétuelle à mes côtés. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles, je gardais ce pendentif avec sa photo dans la poche de mon costume bleu. Près de mon cœur. Aussi niais que cela puisse paraître, l'avoir à cet endroit me rassurait, et quelque part, me soutenait.

    Je me levais de mon bureau et enfilais ma veste de costume. La fin de l'après-midi approchait. Je n'avais pas envie de rester à l'Agence, entre quatre murs, à me morfondre et ne pas pouvoir me concentrer. Je n'avais pas eu beaucoup de temps à accorder à Vérité ces derniers temps en dehors du travail. J'avais beaucoup de déplacements à faire, de la paperasse à remplir et des demandes de procès à gérer. Alors aujourd'hui allait être différent. L'heure de la sortie des cours approchait ; c'était parfait. Cela nous laisserait le temps de déambuler dans les rues, de manger ensemble, de la voir s'extasier devant des vitrines, et autres activités. J'avais envie de voir ma fille. Ma fille à moi.

    Je me dirigeais donc, toujours sans voiture, vers l'école de ma petite magicienne en herbe. Maintenant que j'y pense, j'avais toujours parlé de Vérité comme étant ma fille depuis le jour ou je l'avais adoptée, mais depuis que j'avais appris que sa mère biologique était toujours en vie, j'avais toujours cette peur persistante que l'on me la retire. Peut-être pas de force, après tout, Vérité pouvait choisir sa famille et telle que je la connaissais, elle ne ferait sûrement pas de choix et irait dans les deux. Cependant elle avait pris une place tellement grande dans ma vie que je ne m'étais jamais imaginé la partager. Une pensée égoïste bien sûr. Mais je ne me voyais pas rester sans elle dans l'Agence quelques jours par semaines. J'aurais bien trop l'impression de perdre de vue ne serais-ce qu'un peu de son développement. J'aurais le sentiment de rater quelque chose. C'est sûrement ce que Thalassa, sa mère, avait ressenti, et ressentait toujours. C'était une angoisse terrible.

    Une fois devant le portail de l'école de Vérité, j'attendis que la cloche sonne et que les élèves sortent. J'avais chassé de ma tête ces pensées négatives qui me hantaient et arborait un sourire rayonnant à l'idée de notre petite sortie père-fille en ville.
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Vérité Wright
Civile
Héritière des Grimoires
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Dim 11 Déc - 18:52

Une salle de spectacle pleine, ne voilà pas le rêve de tout artiste. Observant toute cette foule depuis les coulisses, Vérité sent les battements de son coeur s'accélérer. Un coup d’oeil par dessus son épaule, et elle les voit, tous les membres de la troupe, en train de l’encourager en choeur. Le sourire s’étend sur ses lèvres et elle hoche la tête avant de s’avancer sur scène, réalisant les mille et un miracles qu’elle a appris à maîtriser toutes ces années...

« Vérité... »

Les spectateurs s’effacent. Le décor aussi. Vérité se retourne. Les Grimoires ne sont plus là, à leur place trois silhouettes qui semblent lui tourner le dos, chacune arborant une couleur différente. Elles semblent toutes trois concentrées, penchées, observant quelque chose au sol avec attention. La magicienne esquissa quelques pas discrets dans leur direction, décelant une forme de tension presque palpable. Puis soudain, la plus grande, de couleur bleu se retourne dans la direction de la brunette et lui adresse un signe de la main, l’invitant à les rejoindre. La drôle de pression disparaît aussitôt et ses pas s’accélèrent alors qu’elle semble même déceler un sourire bienveillant sur les visages de chacune des silhouettes. Plus que quelques mètres et elle est à leurs côtés...

« Vérité ! »

Un coup de coude bien senti sortit la brune de ses pensées. Elle se massa le côté, une grimace de douleur sur le visage, alors que son regard passait rapidement sur sa voisine de classe qui semblait très intéressée par le plafond, avant de se relever vers son enseignant qui la fixait d’un air désapprobateur.

« Mademoiselle Wright, il me semble que ce n’est pas la première fois que je vous surprends à dormir en cours.
Je suis désolée Monsieur, ça ne se reproduira plus... »


L’homme pinça les lèvres et tourna les talons, reprenant sans perdre davantage de temps l’explication qu’il avait abandonné pour réprimander la brunette. Celle-ci laissa échapper un long soupir avant de couler son regard vers l’horloge sur le mur. Encore deux heures à écouter déblatérer sur un sujet qui ne l'intéressait pas le moins du monde. Elle aurait pu faire des choses tellement plus passionnantes hors de ces murs, ses rêveries en était la preuve. Certes la stabilité retrouvée par son Papa leur évitait de devoir faire des pieds et des mains pour boucler le mois et c’était un avantage non négligeable, mais la jeune fille devait bien avouer que ne plus avoir d’excuses pour esquiver les cours pouvait parfois être d’un ennui. Qu’est ce qu’elle ne donnerait pas pour être dehors à travailler ses spectacles ou bien à enquêter avec un des membres de l’agence. Tout pour échapper à ce discours plus proche d’un sermon que d’une leçon. Elle ferma les paupières quelques instants, juste le temps de laisser un autre décor s’y imprimer, juste pour s’échapper...

[...]


Vérité fixait le tableau sans le voir quand elle remarqua le reste de ses camarades s’agiter. Un oeil vers la pendule lui apprit que son calvaire était terminé. Enfin libérée, elle remballa rapidement son cahier avant de se diriger vers la sortie, se mêlant à la foule. Suivant le mouvement général, elle parcourt le chemin jusqu’au portail, encore un peu la tête dans les nuages.

C’est en approchant les grilles blanches qu’elle sortit de ses pensées. Ce costume bleu, elle l’aurait reconnu entre mille. Sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, elle avait accéléré le rythme de ses pas pour le rejoindre, un sourire s’étirant sur tout son visage. Elle était tellement heureuse de le voir. Elle ne réfléchit pas et lui sauta dans les bras en criant :

« Papa ! »

Outch ! Elle y avait peut-être été un peu brusquement. Elle n’avait plus huit ans après tout, mais déjà le double, et pourtant ce simple mouvement était toujours aussi familier, ce réflexe de se blottir contre lui, à la recherche de chaleur, de protection, d’affection… Sans aucun doute était-ce lié au fait qu’elle vienne encore régulièrement chercher à être rassurée ainsi. Elle ferma les yeux quelques secondes, écoutant juste le son apaisant du battement de son coeur avant de s’écarter, souriant toujours. Mais au fait…

« Qu’est ce que tu fais là ? »

Ça faisait bien longtemps, trop longtemps même, qu’il n’était pas venu la chercher à la sortie des cours. En même temps, il fallait dire qu’il semblait bien occupé, presque débordé ces derniers temps, depuis qu’il avait récupéré son badge à dire vrai. Occupé à un tel point que Vérité avait par moment le sentiment qu’il n’avait plus de temps à lui accorder. Combien de fois s’étaient-ils seulement croisés les semaines passées sans pouvoir s’adresser davantage que des banalités ? Bien trop au goût de la jeune fille qui ne pouvait que se réjouir de voir son Papa en ce moment précis. A moins qu’il ne soit dans le coin pour autre chose ?

« Oh je sais ! Tu es là pour mener une enquête ! C’est un vol ? Oh non je sais, un meurtre ! Allez, dis moi tout, je veux t’aider ! »

Elle commença à s’agiter, accompagnant chaque parole d’un mime correspondant, tant pour illustrer son propos que pour faire perdurer le sourire sur le visage de son Papa. C’était quelque chose d’important pour la magicienne de voir les gens heureux, mais encore plus lorsqu’il s’agissait de celui qui prenait soin d’elle depuis… Depuis qu’elle n’avait plus que lui vraiment, qu’il était devenu son premier public. Depuis qu’il était son père tout simplement.

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“A true entertainer must always smile, no matter what.“
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