Simulation de tribunal / RPG dans l'univers Ace Attorney - Phoenix Wright !
 

la guerre des esprits (pv gaby)

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Noctus Saneada
Fantôme du Passé ~
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Mar 26 Juil - 2:37
Et dire qu'il s'était juré de ne pas regarder la compétition. Mais que voulez-vous, son premier procès et il lui avait fallu cinq minutes pour faire acquitter sa cliente. Cinq petites minutes! Bon sang si tous les avocats de ce pays avaient ce niveau, il allait faire ses bagages pour Kurain. Mais bon, peut-être n'était ce qu'un hasard qu'il soit tombé sur le procureur le plus incapable de tous les temps. Quoi qu'il en soit son ludomètre se trouvait à zéro, et il avait besoin de se divertir.

Il était donc rentré dans la première salle d'audience venue et s'était assis au fond. L'affaire elle-même était plutôt intéressante. Un homme tué dans son bureau par un employé. Apparemment, il aurait utilisé le cordon effiloché du rideau pour étrangler son patron et l'absence d'empreinte pouvait s'expliquer par le fait qu'il portait des gants, la porte n'était pas verrouillé mais une caméra permetait de voir qui entrait et qui sortait. De plus le bureau se situait au troisième étage, il était donc inutile de penser à la fenêtre. Le rapport d'autopsie indiquait que l'individu était mort étranglé entre 13h30 et 16h30, ce qui pouvait s'expliquer par la forte chaleur qui accélerait le pourrissement de la chair. Aussi, l'inspecteur avait découvert un morceau de fibre noir qui ne contenait pas d'empreintes vu comme il était fin mais de l'adn de la victime était présent dessus. Il était supposé que cette fibre appartenait au cordon de rideau, cordon rouge écarlate, mais soit. Sur la vidéo, une femme avec un sac à main entrait d'abord à 13h00 et repartait à 13h45. À 15h00, c'était au tour d'une fille habillée en soubrette. Plumeau à la main, elle repartait trente minutes plus tard. Enfin venait l'accusé à 16 h 15 et 45 secondes, à 16 h 16 la soubrette arrivait en courant et bloquait la caméra.

Les avocats par contre... Il semblait que son procureur n'était pas unique en terme de médiocrité. La défense parlait de points de détails sans importance comme la raison qu'aurait le client de tuer son patron, il avait présenté la théorie de la fenêtre et même d'un passage secret. C'était pathétique. Quand au procureur, il passait son temps à peindre l'accusé comme un monstre, qui dévorait femme et enfants. Il avait lui-même était surpris par la présence d'une caméra devant la porte du bureau. Bref c'était au tour de la servante de témoigner de ce qu'elle avait vu.


-J'étais en train de nettoyer.

-En passant devant le bureau

-Je l'ai vu alors qu'il tuait Monsieur!

-Il s'est retourné à ce moment, la lame encore trempée du sang de Monsieur.

-J'ai préféré courir me cacher et avertir la police!

-Dieu seul sait ce que ce monstre m'aurait fait!


Noctus commença son décompte.

-Trois, deux, un!

Objection !

Pathétique tout ceci était pathétique. Le procureur allait présenter le couteau et un rapport d'autopsie upgradé. De toute façon le problème ne venait pas de là, on n'étranglait pas quelqu'un en 15 secondes.

-




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Gabriel Celes
Procureur
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Mar 26 Juil - 18:24
Gabriel était debout, appuyé contre le mur du fond de la salle d’audience en pleine procédure. Il était venu pour jauger avant de se mettre au travail. Ce qui l’intéressait n’était pas le « niveau » des juristes. Après tout, c’était une notion abstraite qui faisait peu sens. Les compétences, les capacités, les dons de la nature ou travaillés : ce n’étaient que des croyances populaires, des choses triviales auxquelles les masses s’attachaient comme pour justifier leur médiocrité. « Je ne suis pas doué en mathématiques, donc je ne peux pas y exceller contrairement à mon voisin ». Combien de fois avait-on entendu ce type de discours, ces prétextes insignifiants ? Gabriel ne connaissait pas le mépris envers ces gens-là. Non, ils lui inspiraient de l’indifférence. Parfois, ils constituaient des menaces à éradiquer. Oui, car ces individus, raisonnant en termes de victoires et de défaites, de forces et de faiblesses, étaient des infidèles.

Comment peut-on se prétendre juriste lorsque l’on n’a pas comme seul et unique moteur celui qui transcende tout : la loyauté envers celui qui prononce la Justice, le Tout-Puissant ? C’est sur ce principe que Gabriel avait fondé sa vision toute entière de la profession. Il était naturel de venir constater si cette règle de bon sens universelle avait été assimilée correctement par le nouveau Temple* où il officierait. Il avait choisi un procès au hasard, partant du principe que tout Chevalier de l’Eternel, sans exception, se devait de suivre ce chemin strict. Le constat était édifiant. Ce procureur avait-il seulement le sentiment du devoir d’être en ce Saint Lieu ? Ne se sentait-il même pas privilégié, lui qui avait été choisi par le Tout-Puissant pour être le bras de son Jugement ? Une chose était sûre : s’il était représentatif du reste, Gabriel affrontait une montagne. Cela ne l’effrayait pas le moins du monde. Il ne reculait jamais devant une mission divine. Et en même temps, les choses ne pouvaient-elles pas être simples, au moins une fois ?

Le moment où Gabriel perçut la faute morale lourde du procureur concernant le rapport d’autopsie volontairement affiché incomplet suffit à lui faire tourner la tête, affecté par l’offense qui avait été commise devant l’Eternel. La main posée sur son imposant chapelet, les yeux fermés, il murmura un psaume incompréhensible. Il rouvrit les yeux et aperçut dans l’audience un visage familier. Un avocat à l’allure très professionnelle voire stricte tranchant avec une personnalité d'apparence accommodante et amicale, des cheveux noirs peignés sans mèche qui dépasse, un sourire social arboré quasiment en permanence… Il s’agissait bien de celui qui quelques jours auparavant avait prononcé un discours pour le moins original à la Themis Academy, M. Saneada. Gabriel s’y était rendu à l’occasion des journées portes ouvertes, pour observer les nouvelles recrues du Tout-Puissant. C’est alors qu’il avait écouté le speech de ce Saneada. Sous ses apparences de gendre idéal bien sous tous rapports, ce garçon avait le verbe acéré, des propos acides et cinglants. Gabriel vit là l’occasion d’oublier la débâcle qui avait lieu quelques mètres devant et trouva une place à côté du jeune homme. Un sourire se dessina sur son visage et, ne regardant même pas M. Saneada, il lui adressa la parole :

- « Nous vivons ce que certains appellent l'âge sombre de la Loi. Ce qui veut dire que des innocents sont condamnés, des coupables innocentés et que la preuve est pour ainsi dire au mieux de source peu sûre. Nous avons même un préfet de police qui est un ancien détenu et un procureur condamné à mort. »

Il laissa un moment de pause symbolique. Gabriel aimait produire des effets dans ses discours. S’il s’agissait de briser toute convention sociale et d’effacer toute formule de politesse, il le faisait sans la moindre hésitation. Il avait choisi de répéter une partie du discours de l'avocat, puis faire silence quelques instants. Dix secondes du procès se firent entendre : une objection rejetée, des petites chamailleries administratives et un juge excédé. La démonstration était faite pour Gabriel, il lui suffisait de reprendre là où il s’était arrêté.

- Le voici le véritable âge sombre. Il se joue devant nous comme une tragi-comédie grotesque. Vous voyez peut-être où je veux en venir, n’est-ce pas ?

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*Il s’agit du bureau du procureur de cette ville. Gabriel vient d’y être muté, ce qui fera l'objet d'un autre RP.
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Noctus Saneada
Fantôme du Passé ~
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Mar 26 Juil - 22:03
Noctus souriait tranquillement, et quand lui souriait, cela voulait dire que son esprit avait décidé de se focaliser sur autre chose. Et il allait certainement y rester, parce qu'à ce stade, de un l'affaire était d'une étonnante clarté et de deux ces deux là allaient se tromper en beauté. Restait à savoir lequel des deux allait ruiner la patience du juge.

-« Nous vivons ce que certains appellent l'âge sombre de la Loi. Ce qui veut dire que des innocents sont condamnés, des coupables innocentés et que la preuve est pour ainsi dire au mieux de source peu sûre. Nous avons même un préfet de police qui est un ancien détenu et un procureur condamné à mort. »

Prit au dépourvu l'avocat se mit à pouffer, il sentit un éclat de rire qui aurait certainement donné des sueurs froides au procureur général tant il était similaire à celui d'une avocate de la défense qui avait officié dans cette cour plusieurs années auparavant. Mais il parvint à le contenir en mettant sa main devant sa bouche.

Il se retourna vers celui qui prononçait cette phrase, alors que le couteau, un coupe papier du bureau de la victime avec les empreintes de l'accusé et le rapport d'autopsie mis à jour indiquant un coup de couteau dans le coeur post-mortem étaient présentés. Et oui l'avocat de la défense se plaignait que ceux-ci soient présentés après et demandait l'irrécevabilité du rapport.

Bref l'individu avait des cheveux longs et sombres attachés en chignon, ainsi qu'un regard doré que certains auraient pu trouver hypnotiques. Son corps portait les marques de l'entrainement, et une certaine fluidité dans ses gestes le plaçaient au rang de guerrier. Il avait opté pour une veste en cuir et un t-shirt blanc ainsi qu'un chapelet autour de son cou. Naturellement l'analyse fût très rapide, s'il se concentrait trop, son image d'avocat amical aurait commencé à se briser. Il portait une barbe de plusieurs jours aussi. Il était dur de définir cet homme. Il aurait pu tout aussi bien-être religieux que porter ce chapelet pour des effets de mode. Honnêtement, son attirail le surprenait mais à part ça, il n'était pas vraiment intéressé.

-- Le voici le véritable âge sombre. Il se joue devant nous comme une tragi-comédie grotesque. Vous voyez peut-être où je veux en venir, n’est-ce pas ?

[i]Ah donc il abondait dans son sens, de leur côté après quelques tracasseries, les avocats avaient décidé d'écouter un autre témoignages. C'était aussi amusant de se moquer d'eux que de taper sur un bébé. Ça lassait vite.


-Peut-être... Dans la procédure et dans leur façon d'agir. La police est pressée pour des résultats, ce qui fait que les enquêtes sont souvent incomplètes, et on cherchera à condamner la personne qui nécessitera le moins de procédure. Fort heureusement, 90 pour cent de ceux qui ont commis des actes manquent d'imagination, et en général le meurtre n'est pas prémédité... Comme c'est le cas ici.

Puisque vous m'avez resservi de mon discours j'en conclus que vous étiez présent. Et dire la police est responsable de cette erreur n'est rien d'autre qu'une fuite. Nous avons aussi un devoir en tant qu'officiers de justice. Un devoir qui n'est malheureusement pas très clair pour tous. Si la preuve est insuffisante voire fausse, c'est d abord au procureur de la vérifier et s'il ne le fait pas ce sera à l'avocat de le voir. Sinon, justice ne pourra être rendue.

Mais le problème ici c'est que ces deux là ne croient en rien. Ils veulent juste gagner. Ce qui signifie que le procureur fait tout pour que ne soit pas mentionné la vidéo de sécurité et l'avocat essaie de montrer qu'il est impossible que son client ait tué la victime quand c'est juste improbable. Je suis d'accord qu'on ne peut pas étrangler quelqu'un en 15 secondes. Mais si la trachée est brisée, il n'y a aucune chance que l'air ne rentre même après l'avoir lâché.

C'est vraiment une tragi-comédie, ce procés est une farce aux conséquences désastreuses.

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Gabriel Celes
Procureur
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Sam 6 Aoû - 2:22
Gabriel perçut immédiatement l’avocat pouffer. Il n’avait pas prévu d’être drôle, c’était peut-être sa réaction lorsqu’il était pris au dépourvu. Le fait est qu’il souhaitait une meilleure accroche, mais le résultat n’était pas une totale réussite. Passé la première réaction, Saneada avait tout au plus levé un sourcil, jeté un œil dans sa direction et esquissé le même sourire que lors du discours. La meilleure façon de définir ce type de sourire, c’est qu’ils ne valent absolument rien, mais qu’ils témoignent d’un individu courtois et respectueux des conventions et de l’harmonie sociale. Chose qui tranchait à nouveau avec le discours prononcé quelques jours plus tôt à la Themis. Gabriel pouvait déduire qu’il avait à côté de lui un individu doté d’un self-control certain. C’est sans surprise que Saneada lui répondit calmement.

Première impression de Gabriel : des banalités millénaires, des petits jeux d'esprit et de l'esbroufe. Voilà comment il pouvait qualifier la première partie de la tirade de l’avocat. Prenez toutes les remarques les plus superficielles qui peuvent être faites à propos du désormais célèbre « Age Sombre de la Loi », que vous les trouviez dans les médias type chaine de télévision TF11 ou le journal France-Midi, mixez-les et servez le cocktail sans glaçon, avec un goût un peu vieilli mais qu’on avale quand même sans se brûler les intestins. Le même effet. Heureusement Saneada avait, avec une très grande habileté, amené son discours vers autre chose, une partie beaucoup plus intéressante qui pouvait faire écho avec les motivations de Gabriel.

- Mais le problème ici c'est que ces deux-là ne croient en rien. Ils veulent juste gagner. Ce qui signifie que le procureur fait tout pour que ne soit pas mentionné la vidéo de sécurité et l'avocat essaie de montrer qu'il est impossible que son client ait tué la victime quand c'est juste improbable.

Oui, croire. Avoir foi envers le jugement du Tout-Puissant. L’écouter et se plier à sa sagesse et son courroux. Lui vouer la plus entière loyauté, la dévotion la plus pure. L’âge sombre, ce n’était rien d’autre que l’oubli massif de ces vérités essentielles. On n’énumérait plus les raisons pour lesquelles ce déni était devenu fatal pour l’intégrité de la Justice. Le fait est que peu nombreux étaient ceux qui pouvaient s’en rendre compte ! La situation était grave, urgente : cette peste noire insidieuse se répandait à la vitesse du son, se substituait à la Loi et bientôt deviendrait complètement invisible. On pouvait savoir que quelque chose n’allait pas, mais plus on avançait, plus l’essentiel était perdu de vue.

Saneada avait une présence. Gabriel pouvait le sentir. Un tel individu était toujours intéressant à connaitre. Une chose était certaine : ce jeune homme, aussi standard pouvait-il paraitre, était extrêmement doué. Mais il lui fallait d’abord passer par le filtre impitoyable que Gabriel avait utilisé depuis l’âge de la Révélation. C’était une étape obligatoire, absolument décisive, même. Aussi rare son énergie puisse-t-elle être, elle serait nocive à la Sainte Justice si elle n’était pas à juste titre remise entre les mains de l’Eternel. Lorsque l’avocat eut finit son discours, Gabriel tourna enfin la tête vers lui, fit en sorte de capter son attention. Il le regarda droit dans les yeux, comme pour tenter de pourfendre son âme, puis d’une voix grave, posée mais vertigineusement profonde, il lui demanda :

- Et vous, Monsieur Saneada, en quoi croyez-vous ?
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Noctus Saneada
Fantôme du Passé ~
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Jeu 11 Aoû - 8:20
L'avocat venait de trouver une faille, si tant est que c'en était une, oui le couteau appartenait à la victime et non à l'accusé, et alors? Mais à côté l'homme au chapelet le fixa avec plus d'intensité. Son regard doré se fit hypnotique, ah l'hypnose, un talent rare. Mais seulement de la part des hypnotisés, car il ne s'agissait que de confiance. À quel point ai-je confiance en l'autre, l'hypnose permettait d'en évaluer le degré. Alors naturellement pour lui ce degré ne dépassait pas zéro. Néanmoins son intensité venait de braquer l'attention de toute la salle sur leur conversation. Et la voix qu'il avait prise les avait un moment subjugués. L'Homme est un animal grégaire, il n'attend que de suivre des ordres. Et devant lui se dressait le mouton ultime, cette intensité inconsciente, il avait un fanatique en face de lui et à moins de lui répondre Dieu, il s'en ferait un ennemi mortel.

Il ferma les yeux un instant, pratiquant une forme d'autohypnose très simple qui se mélangea au démon à l'intérieur de lui. Tout son être respirait la supériorité d'un seigneur et une autorité insurmontable, alors qu'il se mit à sourire amicalement créant un malaise parmi l'assemblée né d'un mélange entre un ton courtois et amical mélangé à une aura de puissance, ou c'est comme ça que les gens autour l'auraient décrit, ces abrutis.


-Une question difficile... Peut-être en dieu. S'il y a une vie après la mort, et je suis à 75 pour cent sur que c'est le cas. Mais ce qui m'anime lors des procès, ce n'est pas dieu. C'est le jeu! Un jeu où nous misons des vies pour appliquer la loi. Tombera, tombera pas... Vivra ou pas. Mais justice sera-t-elle rendue. C'est la question hasardeuse. On ne le saura jamais. Seul Dieu le sait. Mais voilà, nous on mise nos jetons pour rendre justice. Alors pourquoi pas, puisque nous jouons des vies pourquoi ne pas réellement viser la justice. Pourquoi ne pas arracher la vérité à Dieu pour que nous puissions nous même rendre justice. Gagner... Perdre, ça n'a pas d'importance. Je trouve que le jeu devient beaucoup plus intéressant quand on avance sur la lame en fil de rasoir qu'est le chemin de la vérité.

Puis regardant la servante.

-Et le chemin de la vérité est un voyage tortueux où nous ramassons une à une les perles que nous appelons preuves que d'autres ont oublié de ramasser et d'emporter avec eux.

Son attention se reporta ensuite sur le religieux.

-Voici ce qui m'anime, la recherche de la vérité. Pourquoi, parce que c'est amusant de confronter d'autres esprits jusqu'à épuisement. De tordre de fausses notions jusqu'à en extraire le suc qui est la vérité et enfin de sacrifier l'auteur à l'infamie et à la mort. Et vous... en quoi croyez vous?

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Gabriel Celes
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Mar 16 Aoû - 4:22
Une personnalité plus joueuse que celle de Gabriel aurait pensé que la partie commençait enfin. Pour la première fois, les regards des deux protagonistes s’étaient croisés. Peu importe le contenu ou la conviction, la discussion avait créé son propre univers parallèle, visible mais inaccessible à ceux qui en étaient exclus. Ils ne pouvaient que l’observer avec effroi ou un intérêt difficile à saisir, car tout effort de compréhension n’était que pure inanité. La réponse de Saneada était un coup de joueur d’échec. Une ouverture extrêmement simple, que l’on utilise dans une partie jouée sans envie. Le fait est que Gabriel pouvait reconnaître un menteur lorsqu’il en voyait un. Ou plutôt, il cernait d’emblée les infidèles. Une personne qui partage un rapport particulier avec le Tout-Puissant conditionne sa propre énergie dans une direction divine. En d’autres termes, un individu ayant la foi ou un potentiel équivalent le montre inconsciemment, et Gabriel avait développé la capacité de distinguer cette aura. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que Saneada ne manifestait rien de cela. Le rapport à l’Eternel était inexistant. Cela signifiait que même dans des circonstances appropriées, le sujet était incapable d’éprouver une foi ou un intérêt particulier pour une existence suprême et omnipotente. Non, en réalité, cela allait plus loin : aucune circonstance appropriée n’existait pour ce type de personnes. Leur existence était vouée au néant spirituel. Qu’ils pensassent être différents, supérieurs, ou des démons n’avait aucune importance. La vérité était simple : ils étaient des âmes brisées, des exclus de l’Eternel, ceux de la pire sorte car tout espoir de rédemption était vain pour eux. Ils étaient au-delà de tout salut.

Qu’une véritable âme brisée puisse se consacrer à l’Eternel fût impossible. Jamais un tel fait ne se réalisa. Les études de Gabriel avaient montré qu’ils étaient déchus des vérités transcendantales de l’Univers et que cette condition était une fatalité. Ils n’avaient alors aucune conscience réelle de Dieu. Ils pouvaient se documenter longuement sur lui, jamais ils n’en sentiraient l’existence. Il existait une certaine partie d’entre eux qui étaient incapables de voir le vide que leur nature constituait. Ils n’étaient pas inoffensifs. Gabriel, grand "humaniste" s'il en était, avait imaginé qu’il était possible pour ceux-là de contribuer au Plan Supérieur en reniant leur subjectivité. Leurs capacités étaient, après tout, toujours valides, et tant qu’on ne leur attribuait pas les postes de pouvoir et de responsabilité directe envers le Divin, l’on pourrait toujours trouver un moyen de les ranger de façon indirecte dans l’engrenage des volontés de Dieu. Ils ne pourraient pas être sauvés, mais ils serviraient. Toutefois, il existait une catégorie entière d’âmes brisées qui avaient décidé de l’embrasser et qui étaient devenues perverties. Ces prédateurs, les hérétiques, étaient des ennemis qu’il fallait chasser. Et lorsque l’un d’entre eux prétendait croire en Dieu, Gabriel pouvait déduire qu’il était une menace. Car tout comme Saneada, ils ne pouvaient pas maintenir un discours cohérent impliquant le Divin, sans l’assassiner, le mutiler, pour en remettre les parties à l’Homme et les réalités terrestres les plus triviales, comme le jeu.

Gabriel sentait ce danger à écarter. Mais pas une seule goutte de sueur ne perla sur son front. Pas un seul sourcil ne fut froncé. Il ne concédait pas le moindre signe de menace. Après tout, il ne faisait pas le poids. Aussi formidable soit l’opposant, il est voué à la chute la plus terrible lorsque Dieu ne l’a pas accepté. C’est de cette vérité simple que Gabriel puisait une confiance inébranlable face à un hérétique de la sorte. Le plus calmement du monde, il répondit à Saneada :

- Ce en quoi je crois… vous l’avez bien mentionné. Ne sentez-vous pas que la scène qui se joue devant nous est l’illustration parfaite du fait que notre système juridique ne croit plus en l’Eternel, contrairement à nous ?
L’Avocat s’accroche à des erreurs inexistantes pour que son cabinet gagne en notoriété.
Le Procureur expose tout ce qui s’apparente à des preuves fallacieuses pour devenir Chef du Barreau à la fin de sa carrière.
Le Juge est exaspéré et ne désire qu'une chose : être partout sauf ici.
La Sainte Justice est la grande absente du jour, et pourtant elle devrait être incarnée par chacune de ces trois personnes. C'est l'essence même d'un procès bien conduit.
Vous mentionnez la vérité, mais elle n’est pas une cause ou un moteur, elle n’est qu’une conséquence. « Logique », pourrait-on dire. La vérité est pure. Seul un processus pur permet de l’atteindre. Ces trois-là sont souillés, ils ne résoudront pas ce "mystère".
Dans l'absolu, ils ne sont pas impossibles à sauver, mais complètement salis par les circonstances de leur existence. Sauf le Procureur, lui est vraiment condamné...


Il marqua une courte pause, puis un léger rictus se dessina sur son visage avant qu’il ne conclue.

- Vous n’avez pas besoin de répondre à ma question précédente. Tout comme vous n’avez pas besoin de citer Dieu alors qu’il n’a jamais effleuré votre âme, ne serait-ce qu’en tant qu’idée. Et enfin, vous n’avez pas besoin d’essayer de me lire pour ajuster vos réponses.

Quel sera ton prochain coup, Saneada ?
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Noctus Saneada
Fantôme du Passé ~
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Âge du Personnage : 20
Messages : 114
Ven 16 Sep - 7:04
Le lire... Non il n'avait pas besoin de le faire. Ni l'envie, d'ailleurs. En fait, il n'avait vraiment envie de rien là. À part une bonne petite énigme, et pourquoi pas mettre sa vie en jeu. Mais ce n'était certes pas dans ce genre de salle que ça allait arriver. Est ce que l'avocat venait de dire que la victime n'aurait pas dû tenter l'accusé en mettant un coupe papier sur le bureau?!! Heureusement pour lui, le juge était trop occupé par leur échange pour le sanctionner.



-Non en effet, je n'avais pas besoin de le faire.. Mais ça n'aurait pas été très poli. Cela dit, je vous retourne le compliment. Surtout si c'est pour errer dans votre jugement. J'ai pour habitude de toujours dire la vérité, je laisse aux autres le soin d'interpréter mes paroles.

Il laissa un moment de silence planer, curieusement, leur conversation avait depuis quitté le spectre du murmure mais personne n'avait osé les interrompre. Enfin il n'y avait là rien de vraiment curieux. Les humains se cachaient en présence de démons, à part les templiers et autres chasseurs à la mission divine. Un passage intéressant lui revint dans l'esprit, un qui concernait les belles paroles du diable. Oui ce serait amusant à voir... Ce templier... Jusqu'où pourrait-il jouer avec?

*Damocles

-Je crois que vous m'avez abordé en me parlant du véritable âge sombre, alors permettez moi de vous poser une question. Comment comptez-vous le faire cesser? Est ce lié à ce processus pur dont le résultat logique est la vérité?


Il l'observait attentivement maintenant, mais pas physiquement, il aurait pu tout aussi bien fermer les yeux avec l'attitude la plus décontractée qui soit, cela n'aurait pas changé qu'à ce moment il observait complètement cet individu. Non, pas l'individu, le contenu du témoignage, les mots utilisés, l'ordre employé, les intonations. Aussi curieux que cela puisse paraître un secret voulait toujours sortir. Pourquoi, probablement à cause du fait que l'Homme était une créature grégaire, honnêtement il ne savait même pas pourquoi il employait cette technique... Ah si, les avocats en face allaient finir par l'endormir. Alors pourquoi ne pas arracher ses secrets un à un au templier, comme le diable corrompait des individus pieux. Maintenant, il était temps de tester la foi de ce mortel.

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